Je m'appelle Ti'Amaraa

Je m'appelle Ti'Amaraa, 
J'ai deux ans,
Deux années au fil de l'eau.



Je suis de la promo 2014.
J'ai quitté mon Europe natale avec une mission:
Nous irons à l'ouest.




Un peu hésitant , rempli d'interrogations mais déterminé , mon équipage a largué mes amarres un matin de mai.
Le chemin a fait le reste et nous formons une jolie équipe à présent.
Je suis un Lagoon 39, je porte le numéro 73.
73 + 39 = 112... 1 et 1... 2
Elle et Lui en voyage avec moi.








D'îles en îles, j'ai croisé des vaisseaux de toutes origines et de toutes histoires.
D'anniversaires en Nouvelles Années, à 2 comme à 14, mon carré à été le siège de beaux moments d'amitié partagés.
Je suis un espace social international ;))

Dame Nature m'accompagne et se charge de la mise en scène avec baleines, dauphins et panoramas époustouflants comme figurants.
L' émerveillement et la découverte sont le credo du bord.

J'ai ainsi connu le soleil rayonnant de baies paisibles ,

Les mauvais embruns d'une mer agitée par fort vent,

Des navigations à la cool sur le dos rond d'un Océan Atlantique clément,

Des couchers de soleil tous différents enflammant l'horizon,

Beaucoup d'entre vous demandent :
''Et si c'était à refaire ?"
... Tout pareil, sans hésitation !!!

Même modèle,
Même concessionnaire,
Même équipage ''réduit'',
Même programme, 
Et même soutiens à terre,

Merci aux équipes Lagoon,
Merci à Jean-Pierre FRERY et les équipes Chemins D'océans ,
Merci aussi à ceux qui ont fait le chemin by plane jusqu'à nous pour partager un bout de notre quotidien,
Et Merci à vous tous lecteurs et followers Facebook.
Vous êtes de plus en plus nombreux. Vos messages nous touchent toujours. Continuez à nous suivre.

Souvent on demande ce que je représente pour l'équipage.
Un bébé, certainement pas 
Un moyen de locomotion, pas seulement 
Un fidèle destrier, bof...
Les anglais me féminisent... Beurk
Certains disent que les bateaux ont une âme.

Je crois que j'ai de la chance... Je suis bien né 
Je m'appelle Ti'Amaraa, la liberté...
Un membre de la grande famille de la mer,
Leur République.




En route vers les icebergs !

Bernard et Bianca, alias vos souris ont muté.
Et oui, c'est en mode Pingouins que nous nous préparons à affronter le grand Nord et les glaces de la banquise... 


Marre des plages décorées de fleurs palichones,



Marre des fruits exotiques sans saveur,





Marre de ces maisons sans âme,


Non, sincèrement si ce n'était pas le 1er Avril...presque on quitterait nos paysages ''carte postale''...

Oui mais nous sommes le premier jour du mois d'avril... Pas de panique... On reste !!!
Et le voyage de Ti'Amaraa reprend dans quelques semaines.
À bientôt, 




J'ai épousé Mac Guyver

Cherchez plus les filles, il est à bord :))

S'il y a un système perfectible sur notre Lagoon, c'est la jauge de niveau d'eau douce.

Il est vrai que par définition un bateau ça bouge, ça bouge...donc le flotteur aussi...et l'affichage aussi.
Résultat, sur l'écran de contrôle, notre capacité d'eau saute par crans d'un quart de cuve. À 150 litres le jump, cela fait tout de même une sacrée incertitude sur la mesure. In fine, ils auraient même pu simplifier en ne proposant que deux niveaux: plein et vide. On/Off, basique, quoi ?!

Ce qui devait arriver, arriva... 
Faisant trop confiance à l'affichage, et n'ayant pas envie de démonter le bouchon pour vérifier chaque matin, nous avons vécu la panne sèche subite caractérisée par le bruit de la pompe qui tourne dans le vide...alors qu'officiellement, il nous restait encore plus de 150 litres !!
Bien sûr tout cela à l'heure de la douche les yeux pleins de savon pour Madame souris.
Quant aux yeux de Monsieur, ils se rapprochaient plutôt de ceux d'un touareg arrivant avec sa caravane  et découvrant le fond du puits pleins de cailloux.
La pompe hurlait, la Cap hurlait et le Cap hurlait aussi fort que les chameaux.

Trop, c'est trop !

Il n'en a pas fallu plus pour que les neurones inventives du Cap entrent en action.
L'idée d'adjoindre un compteur d'eau nous a effleuré. Cela permettrait de suivre notre consommation.
Oui mais, quid des entrées via le dessal ?
En voyage, on n'a finalement rarement le plein. On ''fait'' de l'eau au fur et à mesure en fonction du niveau, du taux d'ensoleillement (pour passer avec les panneaux solaires), de l'état du bassin dans lequel on se trouve (près des ports, dessal impossible !).
Donc, on part sur quelle base pour les calculs ?
Sachant que l'on ne consomme pas que de l'eau, que Vénus est alignée avec Jupiter, que l'âge de la Capitaine doit être systématiquement divisée par deux...Euh... Alors... C'est à dire...
Purée ça me file autant le bourdon que d'écouter la Compagnie Créole chanter du Barbara.
Exit le compteur ce n'est pas la solution pour nous.

Avec l'assistance de la fée du jour : Madame la Physique , mon Mac Guyver a concocté, avec les moyens du bord, une jauge simple, claire, précise, qui ne tombera jamais en panne, elle !
À ce moment précis, chers lecteurs je vois vos yeux qui brillent d'impatience... 
Et bien moi, j'aurais plus les miens qui piquent.
Yes !!! J'adore mon Capitaine !!!

Messieurs, si vous avez ce problème, lisez la suite et vous verrez comment redonner un regard étincelant à votre seconde.

Dans la configuration du Lagoon 39, le groupe d'eau est situé dans un placard de la cabine avant tribord.
Déjà, le Cap l'a déplacé pour faciliter sa maintenance.
Ensuite, une vanne a été intercalée entre l'arrivée de la cuve d'eau et la pompe.(c'est quand même plus pratique pour la démonter ) 
Mais, le secret tiens dans un té de jonction et un petit tube cristal bouché à son extrémité par un fond de stylo bic percé d'un trou d'un mm (prise d'air oblige).
Rouge, le bic...très important :))



Ajusté sur la cloison de l'autre côté du réservoir, et hop l'eau monte et indique le niveau.
Il est pas fort mon Capitaine ?? À côté le père Guyver et son couteau suisse c'est de la gnognotte.

Comble du confort et de la finition,  le tube a été fixé sur une goulotte en plastique blanche surlaquelle un ruban à Led blanc illumine à la demande votre indication.
Waouuu !!
Je revis !!! Merci mon chéri !!
J'ai les yeux qui piquent mais c'est l'émotion.



Presque deux ans que l'on suppute sur notre volume restant, sur le volume effectivement produit par le dessal. Finis les calculs, je pose un je retiens trois.
Hihaaaaa !!! Ça y est je réentends la Compagnie Créole zooker.

À présent,  1 cm représente environ 9 litres d'eau. Quart, demi, trois-quarts sont des hauteurs mesurables . Tout simplement !!
Merci professeurs de Physique en blouses blanches avec vos béchers et vos tuyaux. 

Il y a quelques années je m'extasiais devant des choses finalement bien futiles.
Si on m'avait dit qu'une vanne, un té, un bout de tuyau, et un bic rouge me réjouiraient autant... 
Souvent on rigole avec les autres secondes, l'une rêve de nouveaux panneaux solaires, l'autre d'un nouveau évaporateur de frigo, une autre d'un télémètre...
Pour moi, ce sera un niveau lumineux !!
Vous voyez les filles...ça vous change la vie,  le bateau :-))

Les Saintes

Dans la catégorie petite île authentique qui tente de préserver son identité tout en conjuguant le tourisme au présent, nous n'avions jusqu'à présent trouvé que Saint Barthélémy.
Les Saintes et en particulier Terre de Haut viennent se rajouter à la courte liste.
On sent immédiatement que la vie coule tranquillement ici.





La journée, en saison, l'animation est assurée par les vacanciers de passage sillonnant le petit terrain de jeu en scooters ou voitures électriques.
Le soir, lorsque la dernière navette repart du débarcadère, l'ambiance du bourg passe en mode village. Le niveau de décibels chute. Tout le monde se connaît, se parle. Les plus âgés sont assis près de leur devanture colorée pendant que les enfants jouent et font du vélo dans les rues.
Si en journée, ils vous semblent froids et distants.
Détrompez-vous !
Restez quelques soirées et vous verrez.
Terre de Haut respire la quiétude et la convivialité des villages de vacances de nos souvenirs d'enfance.

Pour découvrir ses perles intérieures, nous avons sorti nos vélos.
''L' île n'est pas grande. On devrait y arriver.''
''Ça a l'air de grimper''
''Go ! On est de dingues !''



Effectivement ça monte, ça monte, ça n'en finit pas de monter!
Soyons honnêtes, on n'a pas tout fait sur deux roues. Malgré les vitesses de nos bfold 7, on a souvent fini les côtes à pied...pour mieux s'éclater dans les descentes !
Les Saintes en vélo, 2 allures: à pied en montant et à fond en descendant... Cool !!!

Notre coup de coeur: la plage de Rodrigue.


Non pas parceque nos copains Mily & Xav y vivent, mais parceque c'est pour nous la plus belle, la plus sauvage et la plus authentique. Elle est en dehors des circuits classiques des scooters. En y arrivant doucement en vélo (et voui ça grimpe, on ne peut pas y arriver vite), on a vraiment l'impression d'être au bout d'un monde. 

Les autres sites ont tous leurs charmes et leurs décors: le pain de sucre, la plage Crawen, la baie de Pompierre. Voyageurs, il faut absolument faire un stop par ici de quelques jours soit sur bouées pour 10€ la nuit, soit sur ancre dans des zones un peu plus éloignées. 






Bien que ce soit une des attractions ''phare'' et par conséquent la ruée des bipèdes motorisés à nuques rouges, nous avons cédé à la visite du célèbre Fort Napoléon et son parc. Nous avons bien fait !!!


De salles en salles, on parcourt l'histoire des ces îles des amérindiens à aujourd'hui en passant par la terrible Bataille franco-anglaise des Saintes.
De nombreux aspects écologiques sont aussi mis en avant dans les expositions: la gestion de l'eau douce, les cactées en voie de disparition, présentation de la faune et la flore sous marine...
Tableaux, maquettes, gravures... Tout est mis en oeuvre pour satisfaire la curiosité des petits comme des grands.

Aux Saintes, la mer invite à la baignade par sa clarté et à la balade en annexe d'anse en anse, comme à l'ilet à cabrits par exemple.
La descente à terre sur cet ilet désert offre un moment de calme et une balade originale et anachronique entre les ruines du fort Josephine et celles d'une ancienne discothèque.



Mais qui a pu un jour autoriser l'implantation d'une boîte dans ce petit paradis ? Ceci dit ils pouvaient s'en donner à coeur joie point de vue décibels sans perturber les voisins.
Nous avons parcouru le chemin pavé accompagnés par les seules âmes locales : les petites chèvres emblématiques mignonnes et farouches.
Cabrits, Iguanes, Pélicans... Ce fût un plaisir de les regarder évoluer librement dans cette belle nature.



Cette escale nous aura permis de recroiser nos amis de Nina laissés en novembre dernier à Grenade.
Merci les amis pour le détour fait pour nous faire un bisou. Ce fut du haut débit. Tellement de choses à se raconter ! Trop court mais trop bon ! À bientôt sous d'autres cieux.

À terre, Xav et Mily installés depuis de nombreux mois, nous ont réservé un accueil chaleureux et passionnant.
Si vous passez par Terre de Haut, allez découvrir les créations gustatives et artistiques de Xav en sa qualité de chef au restaurant les Petits Saints. Cela faisait de nombreuses années que nous n'avions pas aussi finement et savamment mangé.
Bravo Xav' !
À bientôt les zamoureux !!

Et lorsque l'on dit qu'il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas. Nos Nemesys préférés nous ont fait la surprise de leur arrivée aux Saintes. 
Allez on vous laisse notre bouée, on file.
À la revoyure... Parceque l'on a décidé de ne plus se dire aurevoir car on sait que nos bateaux vont faire en sorte de se retrouver ;-)

C'est ainsi après une belle escale remplie de bonnes ondes de chaleur humaine que Ti'Amaraa a repris sa route.


Nous recoupons notre trace ''boucle nord'' dans la baie de Portsmouth en Dominique. Nous redéposons notre ancre à l'endroit même où nous avons célébré la nouvelle année.
Cela sent la fin de l'exploration de l'arc antillais...
Cap à l'ouest dans quelques mois après avoir profité de nos guests qui sont en plein dans leurs valises ;)) et fait quelques nouvelles customisations sur notre cata.
Mais chuuut.... Patience. 

Au fil de l'eau

C'est des Saintes que nous reprenons le fil de notre récit sur et sous l'eau.

Que s'est il passé depuis le dernier article à St Kitts ?

Des navigations...  pas toutes rigolotes, des paysages différents, des émotions subaquatiques, des retrouvailles et des aurevoirs avec les copains.


Reprenons,
Après  St Kitts, nous avons fait une courte escale à Montserrat. Si la navigation au près (à 40 degrés du vent) a été agréable,  le mouillage à Rendez-vous Bay le fut moins. Houle et ressac ont accompagné notre courte nuit. Le lendemain, la météo annonce une dégradation pour les prochains jours. Alors, on lève le camp, direction la Guadeloupe pour être à l'abri ''sous son vent''.

Nous descendons lentement au moteur le long de la côte de Montserrat pour découvrir par la mer, son célèbre volcan, sa zone d'exclusion et son ex-capitale Plymouth. C'est l'odeur âcre du soufre qui nous reçoit en premier. Le volcan ne dévoilera pas son sommet enrobé dans les fumées.




Plymouth est une vision apocalyptique entre décor de fin du monde et sanctuaire à ciel ouvert figé dans les cendres.




Tous les deux nous ressentons une gêne, un malaise à observer et imaginer les foudres qui se sont abattues ici. Nous longeons cette côte mortifiée en silence. Une nouvelle fois cela nous interpelle sur la puissance de notre chère Terre et la faiblesse des Hommes.


D'ailleurs la houle océanique partage notre réflexion philosophique est nous réserve pour le reste de la journée une navigation sud Montserrat / Malendure version fête foraine ambiance montagnes russes.

Ti'Amaraa avance plutôt pas mal. Nestor, notre pilote, s'active en suivant sa consigne de 40 degrés du vent. On avance, on avance... Et on est tout de même bien contents d'arriver au mouillage de la Réserve Cousteau pour une petite semaine d'escale.

Comme nous nous l'étions promis,  cette semaine sera subaquatique. À nous, les plongées avec le Club des ilets (maisonnette rose).
L 'équipe dynamique et hyper sympathique de Jaco Nadal installée sur la plage nous a organisé un super programme à un prix très raisonnable.
Nous avons pu admirer les richesses flore et faune de cette fameuse réserve. Elles resteront parmi nos plus belles plongées Caraïbe: La plus grosse murène verte, le Franjack notre plus belle épave.
Seul hic... notre caméra Gopro s'y est tellement plu qu'elle a décidé de nous quitter et de rester quelquepart par une quarantaine de mètres de fond sur l'épave du Gustavia. Grrrrr...
Voyons le bon côté des choses, nous allons en avoir une autre avec une meilleure définition pour vous envoyer de plus jolies cartes postales sur notre Vimeo.com.
Oui mais grrrrr tout de même... 

Le stop en Gwada nous aura aussi permis de revoir nos copains installés sur l'île (voir article Gwada vs À priori et les BDG).
Quel plaisir de pouvoir passer une journée entre rigolades et baignades. Et lorsqu'en plus il y a des bougies à souffler, c'est top. Encore bon anniversaire Laurent !!

Une fois de plus, il est temps de se dire aurevoir. En bateau, les liens sont plus rapides et souvent beaucoup plus courts qu'à terre mais ça ne change rien à l'intensité des instants vécus.

Dans cette boucle Nord, nous avons laissé sur notre route l'Ami François sur son Jonathan accompagné de Jef et sa belle AquaVitae, la petite famille sur Oleo en route pour le Groenland, Nath et Michel D'Horizons, Florence et Vincent sur Sugarpalm, la famille Nemesys et nos Amis Cataja à St Barth...
C'est ainsi. Rien ne dit que l'on ne se recroisera pas un jour...
La route continue avec son lot de surprises, de rencontres et de retrouvailles aussi.

Pour nous, il est temps de profiter des Saintes. Après plusieurs rdv manqués faute de temps ou de conditions météo, nous n'avions pas encore pu y faire escale. Cette fois-ci le Canal des Saintes est clément. Nous traversons en douceur et installons notre catamaran sur bouée non loin de la maison du Docteur, remarquable par son architecture.



Sur un tapis roulant


Quitter les BVI pour revenir sur les îles du Sud de l'arc antillais nécessite une bonne fenêtre météo.
Le bord vers Saba est vite inconfortable si l'alizée d'Est est établi. Il faut donc au mieux du Nord/Nord-est ou au pire pas de vent et 80 miles nautiques à avaler au moteur.

Les informations téléchargées via notre application préférée Weather 4D annonçaient un début de nuit sans vent puis un très léger Nord d'une dizaine de noeuds devait se lever en milieu de nuit.
Nous avons choisi de quitter Virgin Gorda à 17h30 afin de s'éloigner des pièges des côtes de jour (récifs, filets, bouées...).  Tant pis si cela nous impose les premiers miles sous risée gasoil...
À peine sortis du Necker Passage, nous sommes happés par un vent de Nord Est. En voilà une bonne nouvelle !!
GV et Génois nous extirpent des eaux British à l'heure du dîner sur une mer peu agitée.
Parfait... Cela est de bonne augure pour la nuit à venir.
Dame Nature nous encourage même pour nos heures de veille à venir en nous offrant le spectacle majestueux d'une énorme baleine devant nos étraves. Nous n'en avions jamais des aussi grosses et surtout aussi près !!!
À deux doigts de détourner notre route pour ne pas la heurter, elle disparaît dans les profondeurs.
Ouf...Oui mais faudrait pas qu'il lui prenne l'idée de ressortir pile sous notre cata.
Gloupsss... On avance, on observe. Rien... Alors que nous l'imaginons tutoyant les abysses, la belle bête ressurgit juste derrière nos jupes en un ballet somptueux et un dernier plongeon à la tombée de la nuit.
Sa queue aussi large que notre bateau s'est enfoncée sans un bruit dans l'océan et nous a laissé cois.
Pas mal pour commencer notre nuit de nav, non ?

Nous n'aurons finalement qu'un trou de vent de 22h à 23h, nous obligeant à rouler le génois et appuyer avec un moteur à 2500 tours/mn.
Tout le reste de la nuit nous serons poussés à 7 nds de moyenne par un vent de Nord inattendu à 20/25 noeuds.
Ti'Amaraa s'éclate sous GV et Code Zéro sur une mer des Caraïbes un peu formée. Ça bougeotte tout de même.
Le compteur de miles défile. Nous sommes obligés de réduire du Code Zéro au Génois au petit matin pour pouvoir négocier une arrivée de jour sur Saba. Nous pensions mettre 14h, nous n'en aurons mis que 12h. Nous pensions accumuler des heures moteurs, nous n'en aurons fait que 2.
Nous sommes presque frustrés d'arriver si vite. ;-)
Est ce cette envie de continuer ou le côté inhospitalier des mouillages de Saba qui a décidé de la suite ? Seul le vieil homme de la Mer le sait.


Après une petite heure a exploré la belle côte accidentée de Saba, la conclusion de l'équipage est sans appel. L'île a l'air belle mais côté terre uniquement.
Il n'est que 7 heures du mat. Le vent et la mer sont favorables.
On remet les voiles en ordre de bataille. FEU !!!


La locomotive Ti'Amaraa reprend sa route (au près pour le coup) sur son tapis roulant, mouvant aquatique toujours à 7 noeuds.

9h: Gare de Statia 
Pas d'arrêt
La micheline n'en fait qu'à sa tête. 
Les passagers sont priés de rester assis.
Ça continuuuuue.



13h30: Gare de St Kitts
Mutinerie de l'équipage.
Terminus du jour !
Tout le monde descend :-)
Non mais, c'est qui le tolier !!!
Si on le laisse faire ce bateau, il ne s'arrêterait jamais.

La compagnie Ti'Amaraa espère que vous avez passé un bon voyage et espère vous revoir bientôt sur ses flots.


Des ''other'' chez les anglos

Lorsque l'on remplit les formulaires d'entrée aux îles vierges britanniques BVI (prononcez Bi-Vi-Aïïe pour être tendance),  il faut remplir la mention nationalité des membres d'équipage...
3 cases s'offrent à vous:
UK ?
Ben oui Le B de British tout de même
USA ?
Même langue, des îles voisines... Soit...
3ème case: Other... Les autres.
Cela nous a fait sourire. On n'a pu s'empêcher de penser à nos soirées devant les Guignols de Canal + et son Commandant Sylvestre et les ''restes du monde''.
Nous sommes donc officiellement des others. Cela n'empêche pas de profiter du sourire et de la gentillesse des agents de douane et d'immigration de Gun Creek à Virgin Gorda.
Cependant, cela met dans l'ambiance pour le reste du séjour.
Nos voisins,  bateaux de propriétaires ou de location,  seront principalement anglophones: anglais, américains, canadiens, australiens...
Peu de ''fromages qui puent'' par ici
Et c'est dommage... Pour eux !!
La réputation de formalités lourdes et pointilleuses est dans notre cas de la science fiction.  Tout s'est passé en quelques minutes pour une poignée de dollars US.
Si l'on a fait un avito correct à St Martin, on peut y vivre sans avoir le compte en banque des propriétaires de ses îles.

Ti'Amaraa a promené ses coques librement près de la maison de Richard Bronson sur Necker Island, près de l'île du fondateur de Google: Eustatia Island, mais aussi dans des mouillages solitaires comme à Salt Island, Norman Island ou Virgin Gorda.
La vue et la vie ne s'achètent pas.

Seuls aux Baths !!!

Nous avons passé ici des soirées merveilleuses sous un ciel multi-étoilés mouillé parmi les yachts et autres bateaux de voyage et de location....où seuls au monde.



Aux BVI, on peut vivre tout et son contraire à quelques miles nautiques d'écart: l'affluence des baies réputées sur bouées (30$Us par nuit, WiFi 30$Us la journée, dépôt de poubelle 3$Us...) et des recoins déserts (où officiellement il est interdit de passer la nuit pour certains ).
Nous avons fait un mix des deux.



Excités à l'idée de plonger en autonome sur la célèbre épave du RMS Rhône à Salt Island, nous avons laissé notre Ti'Amaraa sur bouée à Manchioneel Bay à Cooper Island et ainsi rejoint notre spot avec ti Ti'Amaraa.

42 minutes de pur bonheur par 25 mètres de fond seuls au monde.
Lorsque l'on part plonger en autonome, il est rassurant de savoir son bateau en sécurité sur bouée.




Les coins les plus réputés pour leurs beauté comme les Baths de Virgin Gorda, Pelican Island et ses ''Indians'', les grottes de Norman Island sont logiquement hyper fréquentés. Des daycharters déversent des palanquées de touristes dérivant sur leurs frites fluo une main agrippée à leur canettes soda,  l'autre au sifflet de leur gilet de sauvetage...On ne sait jamais.
Tout ce petit monde barbote, recouverts d'une épaisse couche de crème solaire, dans l'espoir de voir passer THE poisson devant l'objectif de leur bridge étanche. Nous en avons croisé des touristes mais il faut reconnaître que l'on a côtoyé des pros par ici !!!
Les mêmes partent à terre suréquipés alors que l'île n'est qu'un petit caillou.
Sachez qu'au top tendance du trekker aux BVI, il faut: casquette coloniale avec rabat sur la nuque, lunettes de soleil du futur attachées autour du coup,  sac à dos rempli de ????..., gourde à la main dans sa housse isotherme,  pantalon de brousse, banane cuir à la taille et le must chaussures de Jésus Christ ou mocassins avec socquettes (so chic !)
Vous nous excuser nous n'avez pas fait de photos...Mais on vous assure ça faut le coup.

Plaisanteries mises à part, les BVI sont pour nous le meilleur bassin de navigation jamais rencontré aux Antilles.
Le paradis de la voile !!!
Les conditions météo ont été constantes: vent 15 à 25 nds sans trop de rafales, peu de grains, pas de houle. Le top!!
Bien que les distances inter-iles soient courtes, toutes les voiles sont dehors. Ça régate sur le plan d'eau. De certains mouillages comme Gorda Sound, nous avons compté plus de 30 voiliers dans la passe de sortie au petit matin toutes toiles au vent. C'est beau à voir.
À vivre c'est plaisant bien qu'un brin épuisant car il y a des bateaux partout dans tous les sens,  de toutes allures, de tous niveaux de pratique... Pas le temps de buller, on est là pour avancer.

Le soir, la foire continue pour certains avides des bouées restantes dans l'anse convoitée. Il n'est pas rare de voir plusieurs bateaux foncer vers le même but avec l'équipier/chevalier en figure de proue la gaffe pointée vers son Graal.
Et comble du chic lorsqu'on est au mouillage, laisser fonctionner son groupe électrogène toute la nuit pour profiter d'un sommeil climatisé...n'en déplaise aux voisins pour le ronron.

Ceux sont ces anses que nous avons évitées au maximum pour privilegier nos petits coins version '' école buissonnière ". Chacun son truc. Il en faut pour tout le monde.
Avec une bonne annexe, on peut sans problème rejoindre tous les spots voulus en laissant son bateau dans des baies moins fréquentées et surtout gratuites (!). En plus de dix jours sur place, nous n'avons payé que 2 nuits. À chaque fois, c'était un choix. L' alternative ''mouillage'' était possible.

Notre coup de coeur: Peter Island et sa White Bay.


Nous aurions pu y rester des jours et des jours. Entre ballade à terre sur un chemin aménagé pour les clients des riches resorts, snorkelling et plage de sable doré non privatisée, tout est disposition aussi du visiteur de passage.
Bien sûr,  il faut respecter les règles implicites de savoir vivre et de respect de l'intimité des riches clients.
La zone de baignade est délimitée par des bouées. Nous ne l'avons jamais traversée en annexe. Nous nous sommes rendus à terre à la palme. De même, sur la plage des huttes en bois sont aménagées par les hôtels pour leurs guests avec mobiliers de plage assorti. Malheureusement, nous avons vu des touristes ancrer leur voilier au bord de la zone de baignade, zigzaguer avec leur dinghy dans la swim area, et bien sûr se vautrer en journée sur les transats d'une hutte vide.
Merci les gars !! Grâce à vous, un jour tous ces jolis coins seront ''private''.

Enfin bref, cela n'a entaché en rien notre plaisir dans cette aire de jeux que sont les BVI.
À terre, sur l'eau, sous l'eau, tout est beau. Il faut prendre et surtout avoir le temps pour pouvoir en profiter sereinement. Le temps, c'est notre luxe.




Contre toutes attentes, c'est aussi un espace de liberté comme nous les aimons.
Il existe en effet une multitude de baies accessibles gratuitement où l'on peut passer jours et nuits sur son ancre sans avoir à débourser la moindre redevance, sans être assailli par des boyboat.
Les sites de plongée réputés sont repérables par des bouées mises à disposition de tous: professionnels comme plongeurs autonomes de passage. Tout ça avec le sourire !!!
Il y a de la place pour tout le monde par ici.
De même, près des zones d'intérêt, souvent appartenant au Parc Marin préservé, tout est mis en place pour que l'on puisse en profiter en respectant la consigne d'interdiction de beacher les annexes et d'ancrer.
Pour ce faire, des bouées sont mises à disposition gratuitement pour une utilisation à la journée. Aucun dollar n'est collecté auprès des plaisanciers. Sur les guides nautiques, il est stipulé que lors des formalités d'entrée l'on doit acheter un pass permettant l'utilisation de ces fameuses bouées. Personne n'a su nous renseigner... Et à vrai dire personne ne semble vraiment savoir où se situe le fameux bureau ;)). Du coup personne n'a ce pass ;))... Et personne ne vient contrôler ou pire verbaliser pour autant. No stress...

Aussi, lorsque l'on arrive sur ces zones en annexe, des aménagements sont prévus pour accrocher les annexes sur un bout tendu entre 2 bouées bleues. Nickel !!!

Un bel exemple de beauté offerte aux visiteurs: Les Baths.


Nous avons opté pour la visite un samedi en misant sur le chassé croisé des touristes à l'heure des check-in and out.
Bonne pioche !!!
Il n'y avait presque personne. Nous avons pu en pleine après-midi se promener des heures quasi seuls parmi ce dédale merveilleux de roches granitiques bordées de piscines naturelles couleur émeraude.
Des faux airs du Chaos de la Balme dans le Tarn (Sidobre),  lieu de villégiature du Cap ado, avec la mer, la plage et les couleurs en plus. Nous avons adoré jouer comme des enfants entre baignades, escalades et cache-cache dans les cavités.


Une succession de plages, de grottes, de bassins somptueux à ne rater sous aucun prétexte si vous passez dans le coin.

Pas de pass d'entrée,
Une bouée gratuite pour Ti'Amaraa, un bout et des copains annexes pour ti Ti'Amaraa,
Pas de Marine Ranger ou autre uniforme flottant qui vous dévisagent comme si vous aviez volé La Joconde,

Les others vous remercient !!!
Respect !!!

Bien qu'ayant traîné nos masques et tubas dans les célèbres grottes au trésor de l'île éponyme de Mr Stevenson,  nous repartons toutefois bredouilles.
Ni pierres précieuses,  ni doublons espagnols d'une autre époque.
Nous repartons riches de panoramas uniques inoubliables, de moments d'éternité et d'une confiance renforcée quant à l'existence de petits paradis libres chers à nos valeurs.



Ainsi se termine en apothéose notre boucle ''nord Caraïbe'', la météo s'annonce clémente pour le bord vers Saba.

Nota:
Comme il nous est difficile de faire un choix parmi les photos, et que nous avons peu de réseau Internet, nous allons préparer un montage vidéo qui sera en ligne sur la chaîne Ti'Amaraa sur Vimeo.com, dès qu'une cyber escale nous l'accordera.